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Interview – Nouvelle République du 21 septembre 2017

 » Cibert ne prend pas les électeurs pour des benêts « 

Cyril Cibert ne prépare-t-il pas déjà les municipales de 2020 ? Tout en affirmant que non, le conseiller régional socialiste adresse quelques messages clairs.

Le PS est en déconfiture. A-t-il encore un avenir ?

« Oui à condition de changer de logiciel. Il faut sortir du dogme, arrêter de se regarder le nombril. Non, le patron n’est pas un ennemi. Cette ouverture, je l’ai moi-même appliquée dès 2015 en me présentant aux côtés de Béatrice Forestier (divers droite NDLR) aux départementales. Ce qui n’empêche pas de garder à l’esprit certaines valeurs : le progrès social, l’égalité, l’équité, le soutien des plus démunis… »

Quitter le PS ne vous a jamais traversé l’esprit ?

« Je suis et je reste fidèle au PS. Je ne fais pas partie de ces opportunistes qui quittent le navire pour rejoindre un parti en vogue. »

On vous prête l’ambition de vous présenter aux municipales de 2020. C’est le cas ?

« C’est encore loin, ça n’est pas la priorité des Châtelleraudais aujourd’hui. Je ne fais pas partie d’une caste qui considère la mairie comme un bijou de famille ni d’un parti qui cherche à tout contrôler. Je préfère me concentrer sur mon travail de conseiller régional. »

Vous n’y pensez pas, sérieusement ?

« Est-ce que j’y pense ? Oui. Est-ce que ma décision d’y aller est prise ? Non. »

Certains estiment au contraire que vous y travaillez depuis un bon moment déjà.

« Cibert ne prend pas les électeurs pour des benêts. Si je communique beaucoup, ce n’est pas pour préparer une élection, mais parce que je considère que la population attend d’un élu qu’il rende des comptes régulièrement. Tant pis pour les quelques-uns que ça dérange. »

Vous vous sentez légitime pour réunir votre famille politique ?

« J’ai une expérience politique importante, je suis très présent sur le terrain, les Châtelleraudais connaissent mon sérieux. Ceci dit, je répète, il est trop tôt pour se projeter. »

D’autres à gauche pourraient revendiquer cette légitimité.

« Je travaille très bien avec Véronique Massonneau, j’ai de très bonnes relations avec l’ensemble de l’opposition municipale… N’entrons pas dans une guerre d’ego. »

France insoumise, PC, PS, Verts… La gauche apparaît plus désunie que jamais à Châtellerault.

« La seule chose qui compte, c’est de mettre le citoyen au cœur du projet. Le reste… »

En Marche compte présenter une liste en 2020. N’est ce pas une difficulté de plus à gérer ?

« Qu’En Marche veuille se structurer et se projeter, c’est logique. Après, on verra bien, dans le temps, la manière dont la population va percevoir le bilan du président et de son gouvernement. Parfois, à vouloir tout manger, il ne reste plus grand-chose dans l’assiette. »

Vous avez fait de la famille Abelin, en particulier de Véronique Abelin, votre cible préférée. Parce que vous la craignez ?

« Pas du tout. Simplement, dans la vie, il faut assumer qui on est. Il y a eu le grand père, la grand-mère, le fils, maintenant la petite-fille. Or, chez eux, c’est comme s’il ne fallait pas en parler. Moi, je dis les choses. »

Ces piques n’ont-elles pas un effet contre-productif ?

« Je ne suis pas dans la critique systématique. A Châtellerault, tous les bons projets menés par la municipalité reçoivent le soutien financier de la Région que je représente. Et ça, la Ville ne le dit jamais. C’est navrant, dans la mesure où on veut tous la réussite du territoire. »

Recueilli par Anthony Floc’h

Source : La Nouvelle Répblique – Centre Presse